Un univers abstrait pour témoigner de ce qui fut tes vérités, ton vécu. Si ta vie devait se résumer à une succession de couleurs et de dégradés sur une toile, cette œuvre nous présenterait une symphonie de coloris...
Le rouge comme tes convictions sociales, l'autre avant soi-même
Le vert teinte apaisante, couleur de la nature que tu aimais découvrir lors de tes randonnées, également synonyme de tes espoirs.
Le jaune, teinte vivante, joyeuse, coloris de tes sourires ceux que tu auras gardés jusqu'aux derniers instants.
Le bleu, représentatif de ton oxygène, univers céleste et maritime, la vie.
Le rose pour un amour pudique et pourtant si présent dans son habit pastel.
Le brun, teinte tropicale et musicale qui venait compléter ton univers artistique lors de réunion de famille, les tons foncés devenaient vie.
Le noir, le néant, l'absence de couleur, l'absence de vie sur tes tableaux cette teinte se faisait discrète, pudique comme pour épargner tes proches de tes tourments.
Durant les dernières semaines de ta trop courte existence tu nous as fait découvrir les couleurs cachées de l'arc-en-ciel, celles qui faisaient partie de tes secrets, de ta pudeur, de ta modestie.
Si les couleurs se conjuguent à l'infini, je vais sans doute en retenir deux.
Le blancs, mélange de toutes les teintes, mais aussi synonyme de pureté, couleur mystique. Alors que la douceur apaisante de cette mythique lumière blanche t'avait déjà appelé et réconforté tu as eu l'occasion de voir encore une teinte.
Lorsque j'ai posé mes mains sur ton corps meurtri, inanimé tu m'as gratifié d'un dernier regard presque surnaturel. C'est alors que la couleur orange c'est reflétée au fond de tes yeux clairs mélange de cristal et d'aigue marine.
Orange couleur du levé et du couché de soleil. Astre céleste protecteur de la vie sur terre.
Avec le regard d'un ange en perdition tu as choisi d'être ce soleil couchant le 8 octobre. Tu es parti au petit matin comme pour laisser un dernier message disant, regardez un autre soleil se lève, c'est le cycle de la vie.
Vie injuste, infidèle, monde de souffrance et pourtant tu es parti avec le sourire.
Combien de personnes as-tu relevées, combien de personne as-tu sorties de l'eau, combien d'années passées à pratiquer le don de soi sans attendre en retour?
Alors que chacun d'entre nous se révolte fasse à une fin aussi abrupte, douloureuse, tu trouves, toi, encore la force de te soucier des tiens. As-tu une seconde pensé à toi?
A ton départ, j'ai compris ce que tu m'avais apporté toute ta vie durant. C'était le don de soi. Simplement l'amour sans attendre en retour...
J'espère avoir la force d'avoir ta grandeur, petite papa ou en tout cas le courage d'essayer ma vie durant d'offrir au mien ce que tu aura été pour moi.
Derrière mes larmes de peine et de soulagement de voir cette souffrance prendre fin, j'ai simplement envie de te dire que je t'aime et que tu as su ouvrir mes yeux sur l'amour que tu nous a donné.
Enfin trois citations de Khalil Gibran qui je pense résume bien la vie de cet homme que nous pleurons aujourd'hui :
Ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour, car l'amour, s'il vous trouve digne, dirige votre cours.
Nous sommes comme les noix,
Nous devons être brisés pour être découverts.
Vous ne donnez que peu lorsque vous donnez vos biens.
C'est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez réellement.